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Merci, nous vous inviterons bientôt à découvrir de nouvelles émotions sensorielles !

 

En cet étrange été 2020, le Festival d’Avignon se rêve en numérique, les compagnies jouent à ciel ouvert et les passionnés de théâtre attendent patiemment de retourner vibrer dans des salles combles dès que possible…

Loïc Corbery, 519ème sociétaire de la Comédie Française, a profité de cette pause inattendue pour nous parler d’odeurs, de parfums et d’émotions olfactives… Rencontre.

Propos recueillis par Clémence Decolin

Comment utiliser la vidéo pour évoquer un univers olfactif ? Autrement dit, peut-on faire ressentir une émotion olfactive uniquement avec des images et des sons ? Pour tenter l’expérience, cela faisait longtemps que j’avais envie de réunir deux amies. La première est une réalisatrice dont j’admire le travail depuis longtemps, la deuxième exploite un vignoble en Toscane. Le temps d’un week-end, je les ai invitées à réaliser ce petit film sur la cueillette de la truffe. L’expérience est-elle réussie ? A vous de nous dire !

Valentine Pozzo di Borgo

La bouteille est dans la cave, bien fermée. Je sais qu’un jour je descendrai la chercher, je la sortirai de son sac plastique et je l’ouvrirai, laissant l’odeur de la substance qu’elle contient me frapper au visage. J’attends cette claque tout autant que je l’appréhende. Cette odeur est implacable. Lourde, chaude, elle est d’une intensité à couper au couteau, comme celle du pétrole brut. Elle n’offre aucune échappatoire, ne propose aucun cheminement, aucune interprétation. C’est un mur contre lequel on se cogne.

Dans le Nord Cotentin, le jardin botanique de Vauville est un petit paradis subtropical où s’épanouissent un millier d’espèces de l’hémisphère austral. Cette improbable oasis, classée Jardin remarquable depuis 2004, est le fruit de trois générations de passionnés. Crée par Éric et Nicole Pellerin il y a soixante-dix ans, elle a été magnifiée par Guillaume Pellerin et Cléophée de Turkheim, qui ont enrichi la collection botanique et réunit une extraordinaire collection d’outils anciens. Depuis 2017, le jardin de Vauville a été repris par leur fils Eric Pellerin, aux côtés de Guillaume de Lestrange. Tout en veillant sur le désordre poétique et organisé du lieu, il y cultive une passion pour les odeurs, certainement héritée de son aïeul, le fondateur de Roger & Gallet… Rencontre avec un passionné.

Un des rendez-vous incontournables du microcosme parisien est le mythique brunch du dimanche matin. Lorsque vous vous êtes résolu à adopter ce mode de vie, il vous reste à savoir où déguster le meilleur brunch dans la capitale. À ce moment là, plusieurs options s’offrent à vous : le « déjeuner dominical » de l’Hôtel Bachaumont, Judy, le Pavillon des Canaux, le Marché des Enfants Rouges, le Fouquet’s… Pour ma part, j’ai choisi le Marché des Enfants Rouges où se nichent des centaines d’odeurs, de fumées, d’arômes et de couleurs dont l’exubérance est à son comble le dimanche.

Un récit olfactif d'Isabelle Ferrand

Certaines odeurs sont tellement puissantes qu’elles ont le pouvoir d’influer sur nos destins. En entrant dans nos alvéoles pulmonaires, elles laissent leurs empreintes sur notre âme, comme des tatouages indélébiles. Pour moi, c’est l’odeur du blé qui a changé ma vie. Si je n’avais pas senti, enfant, ces épis jaunes et mûrs, je ne serais pas devenue qui je suis aujourd’hui. D’ailleurs, dans mon métier où tout n’est qu’olfaction, il n’est pas une journée sans que les parfums de mon enfance resurgissent comme par surprise et me renvoient à la ferme où je suis née, entres les champs de blé et de betteraves de Picardie.