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Un voyage olfactif d'Aurélie Dematons

Et si un parfum pouvait vous faire perdre la tête ? Peut-on tomber amoureux d’une odeur, à en perdre complètement la raison ? Plus fou encore, se fourvoyer pour une odeur aussi commune que celle de la vanille ? Voilà un thème bien proustien, un héros tombe amoureux d’une femme qui n’était pas son genre. La vanille n’était pas mon genre non plus, cette note sucrée m’évoquait les évocations universelles de la gousse ; des souvenirs d’enfance régressifs et gourmands : le lait maternel, un flan préparé par une grand-mère, une glace mangée à même le pot un soir d’été. Comment décrire une odeur aussi banale ? En fonction des provenances, je lui donnais des nuances épicées, clou de girofle, parfois animales, cuir, musquées… Mais ça, c’était avant la découverte de Tahaa… C’est avec toutes ces images doucereuses en tête que j’atterris en Polynésie où un nouvel imaginaire allait se mettre en place.

Photographies de Mathieu Trautmann & Poèmes de Lin Sésostris N'kouri

La déesse
Blanche, parfaite, et posée là, elle attend,
Fente où la langue s’inspire, belle bougresse,
Par excès de gourmandise, l’espoir déesse,
Que l’orage et les éclairs la poussent devant.

Un cri d'alarme de Jules Coignard

Les chiffres n’ont pas d’odeur. Faisons le test : « Huit millions de personnes meurent chaque année à cause de nos déchets ». Qui a la nausée ? «Le sixième continent, une soupe de plastiques flottant au milieu l’océan Pacifique Nord, mesure plus de trois millions de km2, soit plusieurs fois la superficie de la France.» Qui suffoque ? « Plus de 12500 espèces animales sont menacées de disparaître de la surface de la Terre ». Qui a un haut le cœur ? Aussi révoltants soient-ils, ces chiffres que nous connaissons tous ne suffisent pas à nous prendre aux tripes.

A chaque fois que je tente de convaincre mes interlocuteurs de l’absurdité de notre modèle linéaire actuel et de l’urgence absolue d’en changer, j’aimerais leur faire sentir la véritable odeur de notre système de production de déchets. Car elle est insoutenable.

Une chronique de Nicolas Santolaria

Sur l’échelle de Richter de l’inacceptable au bureau, le collègue qui sent mauvais se situe tout proche du sommet, agrippé à l’avant-dernier barreau, pendant que ses compagnons d’infortune lui hurlent de ne surtout pas bouger pour éviter d’aggraver ses problèmes de sudation déjà océaniques. Semblant avoir été confinées dans le tergal en plein soleil pendant des heures, les aisselles moites de ce Robinson de l’hygiène font penser à des atolls douteux sur lesquels ne soufflerait jamais aucun alizé. Cette nuisance qui pourrait prêter à rire tant qu’on n’y a pas été directement confronté est loin d’être anecdotique. D’après une étude de l’Observatoire de la qualité de vie au bureau datant de 2015, 28 % des salariés éprouvent un sentiment de gêne récurrent au travail en raison des odeurs et 38 % d’entre eux estiment que l’entreprise n’accorde pas assez d’importance à la qualité de l’air ambiant.

Un fantasme d'Ingrid Astier

Je me souviens d’un blanc immaculé, d’un blanc si pur qu’il faisait naître des monts enneigés, jusque sur une table d’écolier. Il se blottissait dans la main — la neige n’y fondait pas, elle s’y sentait bien. Car elle était cachée, nichée, tapie au fond d’un pot comme un secret : celui de la colle Cléopâtre, la seule, la vraie.

Ce blanc chassait le bavardage du monde. Il lissait le roulement des mots — il suffisait d’ouvrir le petit pot. Alors s’échappait la plus belle des odeurs amandées. Comme elle dialoguait avec le nez ! Les deux, on ne pouvait plus les séparer. Lentement, je respirais… Encore et encore. Toujours et à jamais. C’était s’imprégner d’une alchimie silencieuse, d’un parfum-amant. Les notes, à la douceur vénéneuse, se fondaient avec le blanc. Elles l’incarnaient tout entier.

Un récit addictif de Victoire Finaz

Après douze heures de vol dans un air saturé et climatisé, je survole le Golfe du Mexique en pensant à l’expérience sensorielle qui m’attend. Pour la troisième fois, je retourne en Amérique latine visiter une plantation de cacao. J’ai laissé derrière moi mes conférences, ma marque de chocolat et les fabuleuses dégustations avec mes amis chefs pâtissiers, pour m’immerger quatre jours au cœur des cacaoyers, là où naissent les premiers arômes chocolatés. À Comalcalco, dans la région du Tabasco, je sais que j’ai rendez-vous avec mes sensations olfactives.